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Windows ou Linux?

12 avril 2026 par
CyberVeille
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La France quitte Windows pour Linux !

 C'est du moins, ce que l'on entend sur différents réseaux sociaux, et c'est un sujet qui cristallise la toile actuellement.

Cette annonce est un peu restrictive et ne reflète pas vraiment la réalité.

Le 08 avril 2026, à l'initiative du Premier ministre (M Sébastien Lecornu), de la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique (Mme Anne Le Hénanff) et du ministre de l'Action et des Comptes publics (M David Amiel) et avec la participation de la direction générale des entreprises, (DGE), de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), de la direction des achats de l'État (DAE) des administrations et des opérateurs publics ainsi que des acteurs privés, une réunion s'est tenue avec pour objectif la réduction des dépendances numériques extraeuropéennes.

La Direction Interministérielle du numérique DINUM est chargée de coordonner un plan interministériel pour atteindre cet objectif. 

Chaque ministère ou opérateur sera tenu de formaliser son propre plan d'action d'ici à l'automne.

Les points à prendre en compte sont :

🔹 Les postes de travail.

🔹 Les outils collaboratifs.

🔹 Les antivirus

🔹 L'intelligence artificielle.

🔹 Les bases de données.

🔹 La virtualisation.

🔹 Et les équipements réseau.


Mais c'est surtout cette annonce faite par la DINUM de migrer ses postes de Windows vers Linux qui a retenu l'attention.


Nos voisins européens sont ils sur la même lancée ?

Petit tour d’horizon :


🇩🇪 Allemagne

Dès les années 2000, la ville de Munich, avec le projet LiMux, a entamé une migration massive vers Linux (15 000 postes).

Mais finalement, en 2017, retour partiel à Windows pour des raisons d'incompatibilité et de pression politique.

Entre 2020 et 2024, retour vers l'open source, et surtout actuellement migration en cours pour 30 000 agents publics de différentes administrations.

 

🇪🇸 Espagne

Initiative régionale, celle d'Estrémadure avec GniLinEx puis reprise en Andalousie.

Dès 2002, la décision est prise d'abandonner Windows dans les écoles et les administrations et de rester cohérents autour du logiciel libre.

Peu de retours en arrière.


🇦🇹 Autriche

La ville de Vienne tente son approche avec Wienux en 2005 mais l'expérience s'arrête en 2009, pour des raisons de coûts, de résistance des utilisateurs et également de dépendance aux outils Microsoft.

En 2025, c'est dans l'armée autrichienne que l'on voit la migration de 16 000 postes de Microsoft Office vers LibreOffice et avec en ligne de mire l'abandon de Windows au profit de Linux.

Le ministre de l'économie, lui aussi, avec 1200 employés, ont migré vers Nextcloud.

Au niveau du ministère de la Justice, probablement une migration mal anticipée pour une tentative de migrer 20 000 postes vers LibreOffice qui semble ne pas avoir abouti.


🇩🇰 Danemark

 Une migration de tous les ministères est entamée dès 2025 (probablement du aux appétits américains vis-à-vis du Groenland....) 

 

🇮🇹  Italie

Pas de plan national, mais plutôt des initiatives parsemées.

Le Parlement italien a migré la Chambre des députés vers des postes de travail Linux et LibreOffice.

En 2024-2025, le ministère de la défense italien a quitté Microsoft pour les logiciels libres.

Et très en avance sur ses concurrents, la ville de Turin, dès 2014, avait migré 8 300 PC vers Ubuntu et OpenOffice.

🇵🇹 Portugal

Au Portugal, on note une approche un peu différente, puisque dès 2002, une initiative en ce sens avait été lancée.

L'administration fiscale a migré une grande partie de ses serveurs et de ses postes vers Linux aux alentours des années 2010.

Des établissements publics, comme l'Université de Lisbonne, sont massivement passés à Linux et LibreOffice.

 

 

Au final, on s'aperçoit que les pays européens avancent en ordre dispersé.

Si la France a lancé un plan national, on constate que chez d'autres pays, on est sur des initiatives sectorielles ou régionales.


Et ailleurs dans le monde ?

D'autres pays ont fait ce choix, mais souvent pour des raisons de sécurité ou de contrôle de leur population.

De ce fait, la comparaison pourrait être biaisée et souvent ces informations sont moins faciles à vérifier.

Toutefois, au moins à titre d'information, voici quelques exemples.


🇨🇳 Chine 

Kylin Linux (développé localement) pour remplacer les 20 à 30 millions de PC gouvernementaux sous Windows. 
Depuis 2024, interdiction à tous les ministères et agences gouvernementales d'utiliser du matériel (ou logiciels) qui n'est pas chinois.

 

🇷🇺 Russie 

Par la force des choses, après l'invasion de l'Ukraine en 2022, obligation d'utiliser des produits non Microsoft.
Développement d'Astra Linux comme standard étatique

 🇮🇳 Inde

Le cas de l'Inde est intéressant car il se rapproche davantage du cas français. Leur choix est stratégique et une migration progressive sur 3 à 5 ans est à l'ordre du jour.

🇧🇷 Brésil

Dès 2003, le Brésil avait fait le choix de migrer 80% de ses ordinateurs, vers Linux mais ce choix était motivé pour des raisons budgetaires en vue d'économiser le prix des licences.

🇮🇷 Iran

En 2004, Téhéran également avait lancé une opération pour faire migrer plus d'un million de PC gouvernementaux, craignant des failles de sécurité et d'espionnage de leur gouvernement.

 

Et aux États-Unis ?

Énormément de serveurs d'infrastructures critiques, de systèmes cloud, tournent en Linux.

C'est notamment le cas du ministère de la défense.

Ici on assiste plutôt à une cohabitation Linux pour l'infra et Windows pour le côté utilisateur.

 

On voit que mondialement, les raisons de ces migrations sont diverses.

🔹 pour des principes de souveraineté
🔹 de sécurité nationale
🔹 ou également pour des raisons budgétaires.

 

 

CyberVeille 12 avril 2026
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